Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 00:28

INCROYABLE : une proposition de loi vient d'être lancée à l’Assemblée Nationale qui va probablement créer la polémique. Suivant le principe de création de la taxe carbone – qui n’a toujours pas été agréée en France -, deux députés appartenant à des partis opposés et venant chacun d’un coin différent du pays viennent d’émettre l’idée d’imposer les habitants dès leur majorité par rapport à leur consommation de nourritures à haut degré de décomposition gazeuse.

La nouvelle semble à peine possible, mais en cette période de crise financière où les gouvernements d’Europe peinent à joindre les deux bouts, elle n’a rien de particulièrement étonnant. Mercredi, dans les sièges du Palais Bourbon, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Deux députés, Mme Soulet (DVD, Toulouse 1) et M. Hie (PS, Concarneau) ont pris successivement la parole pour proposer à leurs collègues de tous bords la création d’une nouvelle taxe frappant le monde alimentaire.

Mais ici, pas de TVA envers les vendeurs, les producteurs, non : uniquement les consommateurs. Et des consommateurs de denrées très particulières, puisqu’il s’agit des aliments censés provoquer chez l’homme qui les ingère cet effet assez peu gracieux que sont les flatulences, autrement dit les pets. Selon ces deux députés, dont l’initiative a été largement commentée par la suite, plusieurs effets climatologiques désastreux, tels l’effet de serre, ou le trou de la couche d’ozone, pourraient être provoqués, ou du moins aggravés, par les vesses de leurs concitoyens. Il convient donc de faire payer les amateurs abusifs de soupe à l’oignon ou de tartiflette pour freiner leur consommation, ou du moins compenser financièrement les dégâts provoqués par leur inconscience. La proposition a été à juste titre surnommée « Taxe méthane ».

« Nous ne nions pas le fait qu’en France, nous mangeons bien, et même fort bien. Les dernières statistiques ont démontré que nous restions l’un des pays d’Europe où la population est la moins obèse, ce qui prouve un attachement durable à nos traditions culinaires. Cependant, l’abus de légumineuses, comme les fabacées, apporte son lot de désagréments, et pas des moindres, a commencé Karine Soulet. Une consommation régulière – et même pas en quantité excessive - d’aliments tels les oignons, les haricots secs, les pois cassés, ou la viande rouge, équivaut pour un homme moyen à la création quotidienne de 2 litres de méthane sulfuré ! Contrairement à ce que semblent penser les grands réalisateurs américains, ce n’est pas une météorite, mais le météorisme qui risque de provoquer notre fin du monde si nous n’y prenons garde ! »

« La Bretagne, dont je suis l’un des représentants, n’est pas peu responsable du vent mauvais qui souffle sur la France, renchérit Gilles Hie. La culture intensive du chou-fleur cause à elle seule un bon dixième des émanations produite par les Français, friands de ce légume depuis plusieurs siècles, et qui cherchent depuis par tous les moyens, épices, sauces et autres condiments, à en améliorer la saveur sans chercher à en atténuer les effets dévastateurs. Mais la chose est la même dans les autres régions. Et quand des milliers de spectateurs rient encore en regardant à la télévision « La Soupe aux Choux », personnellement, je frémis face à leur ignorance ! Pensez à ceux qui seraient tentés d’imiter les deux acteurs ! Ont-ils idée du mal qu’ils provoquent dans notre environnement ? »

La nouvelle a évidemment été suivie d’un débat où l’on a assisté, surprise à cette époque suivant de près les élections cantonales et leurs résultats, à une unanimité quasi-générale entre partis politiques : mesdames et messieurs les députés ont presque tous accepté de lancer, à l’automne prochain, un vote pour la récupération de cette manne inattendue.

Rares ont été les protestations ; elles sont d’autant plus remarquables. Michel Gigot, député UMP de Lacq (64), nous a déclaré : « Je m’insurge contre le comportement puant des gens qui siègent à mes côtés ! Avec la hausse inexorable du prix des hydrocarbures, il serait sage, et même obligatoire, de laisser les Français profiter des bénéfices gratuits de leur propre gaz naturel. » Gabriel Chevrier, député PS de Brétigny-sur-Orge (91), n’est pas moins d’accord : « Taxer le peuple pour tout sauf pour ça ! Après, mes collègues s’étonneront de voir le vent tourner aux prochaines présidentielles ! Croyez-moi : quand on en vient à vouloir faire payer les gens au volume de leurs gaz, je m’inquiète pour l’avenir ! Ca sent mauvais, tout ça ! » Quand à Hervé Fornieri, député NC de Nice (Alpes-Maritimes) et grand spécialiste du yaourt, il ne cache pas sa colère : « Pffft ! Ben, mon colon, quelle proposition de merde ! Hors de question de me laisser asphyxier par ses relents de dictature ! Je ferai tout pour la contrer ! »

Interrogé par Jacques Flache, reporter de l’APT (Agence de Presse Territoriale), le docteur Lambert, co-directeur des laboratoires Lambert et Bhuttag, plusieurs fois cité dans les discours respectifs des deux députés, a confirmé les inquiétudes de ces derniers :

« Il est notable que la couche d’ozone est dramatiquement atteinte un peu partout dans le monde, mais la France se retrouve dans une situation préoccupante vis-à-vis de son alimentation. Le nombre de gaz lâchés par jour et par habitant est absolument terrifiant. Et curieusement, malgré l’arrivée en masse sur le marché des nourritures dites « fast-food », ce sont les traditions alimentaires séculaires qui entraînent les plus gros rejets de méthane humain dans l’atmosphère. En d’autres termes, sur un plan strictement écologique, et si vous me permettez cette expression, il vaut mieux manger un hamburger et sentir de la bouche que de se régaler d’un plat de lentilles du Puy et sentir du derrière. »

Pour sa part, tenu au courant de la chose, l’Elysée a fait savoir, par un communiqué spécial, que tant qu’on ne cherchait pas à taxer les Français qui pètent plus haut que leur cul et ceux de ses amis qui pètent dans la soie, il ne soufflerait ni le chaud ni le froid.

Quoiqu’il en soit, si d’aventure la proposition est retenue, le vote n’aura pas lieu avant quelques mois. Un délai qui pourrait être lourd de conséquences, car l’idée est de celles qui s’oublient aussi vite que va un pet sur une toile cirée. Les partisans pensent qu’il eut fallu attendre le bon moment pour lâcher pareille information, ou bien s’abstenir d’en faire des caisses. Et pour citer ses détracteurs : « Mme K.Soulet de Toulouse et M. Gilles Hie d’Concarneau auraient du se concerter sur la date avant de chercher à se faire un nom avec une loi qui ne vaut pas un pet de lapin. »

Par Sylvain Larue
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Commentaires

Excellent poisson d'avril ;-)))))
Commentaire n°1 posté par Moi le 07/04/2011 à 21h24

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