Partager l'article ! Zombie world, here I come : coupons les cheveux en trois: Aujourd’hui, je me suis coupé les cheveux. Ca peut paraître anodin à pre ...
Aujourd’hui, je me suis coupé les cheveux.
Ca peut paraître anodin à première vue, mais je n’avais pas mis les pieds chez un coiffeur depuis août dernier, et je n’avais pas utilisé ma tondeuse depuis… dix ou onze mois, je dirais.
Jusqu’à hier, mes cheveux me tombaient assez bas sur la nuque, presque jusqu’aux épaules, ils étaient teints en vert (même si les racines étaient redevenues excessivement visibles) et… franchement, j’en étais assez content.
Bon, forcément, cela n’avait rien de parfait. Ayant gardé ma tête au minimum capillaire existant (plus ras, y’avait que les skins) pendant presque quatorze ans, l’allure générale partait dans tous les sens, en donnant un style un peu trop négligé (et ça encore, je m’en fous). Ce qui est plus grave, à terme, c'est que les cheveux, bien que doux, n’étaient plus très beaux à regarder, et ils se donnaient un look de botte de paille, faute de connaître la façon adéquate de les entretenir. Avantage certain de la boule à zéro : au moins, quand on n’a pas trop de poils sur le caillou, un coup d’éponge, un zeste de Cif, et hop, ça brille et on est content.
Là, j’ai remis la tondeuse en état, sabot 18 mm, ce qui est plus long qu’avant (je tournais au 3 mm avant) mais qui fait un énorme contraste avec ma chevelure d’hier. Un choc même ! Qui est ce gars dans le miroir ? Je ne le reconnais guère !
Suis-je satisfait du résultat ? Ma réponse est mitigée. J’apprécie le changement. C’est un fait. On peut penser le contraire de moi, se dire que je ne change pas beaucoup. C’est un manque d’observation : c'est juste que mes évolutions sont souvent brutales et directes, sans passer par une série de touches progressives et régulières. Devant ce reflet aux poils courts, je reste perplexe. Points positifs : cela ne m’enlaidit pas outre mesure, et ca ne peut que fortifier la repousse. Car oui, je vais les laisser pousser à nouveau, et cette fois, sans leur infliger de décoloration/coloration qui ne leur fait pas de bien, du moins pas dans l’immédiat. On verra le résultat dans six mois et plus…
Mais alors, pourquoi ne suis-je pas ravi ?
Je me souviens d’une vieille nouvelle authentique, lue dans un livre d'histoires extraordinaires signées Bellemare, qui racontait le suicide d’un jeune homme à la fin des années 60. Le garçon, grand adolescent, a été poussé à sacrifier sa chevelure car un professeur l’avait interdit de cours s’il s’obstinait à garder ce look (je ne me rappelle plus exactement les circonstances, à dire vrai). Coiffeur, tondeuse, rasoir : voilà un jeune homme tout neuf et sentant bon le shampooing qui sort de chez le capilliculteur. On ne peut se le représenter, mais la modification a été si radicale pour ce gars que sa sensibilité n’apas tenu le coup. Il s’est immolé par le feu dans la cour de son lycée quelques heures plus tard.
Bon, je vous rassure, bien que sensible, je n’irais pas jusqu’à me brûler vif pour le souvenir de ma tignasse perdue. Mais un goût d’amertume me reste dans la gorge, comme une preuve de bêtise de ma part, une négation de ce que je suis au fond de moi.
D’une part, les cheveux longs (enfin, un peu longs, je n’ai pas eu la coiffure de Dédo), c’était un essai parfaitement inédit pour moi. Une douce amie dont le contact me manque cruellement m’avait posé la question à ce sujet voici bien deux ans et demi, elle qui appréciait - et apprécie toujours, je suppose - les crinières des guerriers du Valhalla. A l’époque, j’avais rejeté l’idée de me laisser pousser la tignasse, craignant de ne réussir à me faire qu'un look banal de hardos pur jus, avec ventre Kronenbourg et tout de noir vêtu. J'avais aussi évoqué je ne sais quelle raison stupide de démangeaisons crâniennes pour mettre un terme au sujet... Imbécile que je suis.
Ceci étant, l’année 2010 fut propice aux changements, aux rages et aux tempêtes. Au rang des transformations physiques personnelles, la question du poil sur le chef fut abordée. Petit à petit… Je suis passé de l’état de teckel à poil ras à celui de bobtail. Si on ajoute la couleur violette de plus en plus présente dans ma garde-robe, plus les essais d’éliminations lipidiques, le résultat fut on ne peut plus réjouissant. Méconnaissable (et encore, ce n’est pas fini).
Mais hier, à deux reprises, il a fallu que je prête l’oreille à des filles qui m’ont conseillé de couper mes tifs. Et alors que j’aimerais me dire que cette décision de raser dans le vif n’est que l’expression de ma seule volonté, eh bien, ce n’est pas le cas.
Car ces filles-là ne font pas partie de mes objectifs. Pas à mon goût physiquement, encore moins intellectuellement et aux idées un peu trop arrêtées sur la question du look (mais également sur la plupart des choses). Donc, pourquoi ai-je accordé la moindre attention à ces femmes que je ne compte pas séduire, que je n’ai même pas envie de sauter et qui, au fond, ne sont même pas mes amies (ce sont des connaissances, au mieux des copines) ?
Peut-être pour marquer le coup ? Un dernier retour au conformisme avant de m'en départir pour de bon ?
Peut-être pour voir leur réaction face à cette nouvelle tête, en sachant pertinemment que si elles disent que je suis trop bien ainsi, que je devrais rester ainsi, je vais me faire un plaisir de les envoyer paître, en leur disant que leurs goûts personnels ont à mes yeux autant de valeur que les avis de la reine d’Angleterre sur la cueillette des poires en Turquie ?
Car au fond, c’est quoi mon but ? C’est de me démarquer. Ce n’est pas de ressembler à tout le monde. Je ne suis pas tout le monde, bordel de merde. Je suis Sywan, chevalier de Ni, écrivain, chanteur, malade en liberté, taré en puissance, destiné à hurler à la face de ce monde que je ne suis pas un mouton, que je ne suis pas né pour suivre le troupeau !
Pourquoi je m’habille en violet ? Pour qu’on me remarque. Pour qu’on se pose des questions. Pour qu’on se dise que je suis au choix un fou, une tante ou un daltonien. A cela, je le rappelle, on aurait raison sur les points 1 et 3. En ce qui concerne le 2, je paraphraserai Polnareff : "Les femmes qui le croient n'ont qu'à m'essayer".
Pourquoi je m’affine ainsi ? Pour me sentir mieux. Pour satisfaire mon ego et mon corps plus que celui des autres. Même si toutes les femmes ne sont pas difficiles (mes ex m’ont toutes aimé bien gros, comme quoi…), je sais que pour plaire, pour séduire et pour s’envoyer en l’air, un physique plus avantageux est toujours préférable à l’allure d’un ballon de baudruche.
Enfin, pourquoi je me suis laissé pousser les cheveux et pourquoi les ai-je teints ? Pour déranger, les cheveux verts ou décolorés ne plaisent pas à tout le monde, et pour faire parler les cons. Et je sais qu’ils en ont parlé.
Oui, je regrette ce coup de tondeuse. Il va à l’encontre de mon moi. Là, si je suis les conseils du tout-venant, il faudrait que je me rhabille de façon sobre, avec du noir (mais pas trop, et surtout pas en gothique, ah non, c’est pas beau, ça fait peur), que je me fasse une coupe de débile fondu dans la masse (celle qu’on voit quasiment sur toutes les têtes de nœud actuelles, à savoir ras de partout autour et en picots avec du gel sur le sommet), bref que je perde absolument toute originalité personnelle, pour satisfaire la vue et les prétentions esthétiques de personnes sans saveur, sans panache et sans intérêt ? Voulez-vous donc me voir habillé en caillera, avec des Nike à 150 euros comme tous les gros benêts ? Vous peut-être. Pas moi.
Merci : la messe est dite. J’ai coupé mes cheveux, je ne peux plus rien y faire, si ce n'est attendre. Ce qui me rassure, c’est qu'ils vont repousser plus beaux qu’autrefois. Et en patientant, je vais continuer à m’habiller de façon excentrique parce que ça, au fond, c’est vraiment moi, et je vais prendre exemple sur Beth Ditto, la chanteuse de Gossip, qui est la preuve vivante que le physique de rêve et les conventions vestimentaires ne sont pas les vraies émanations du talent (putain, quelle voix et quelle présence !). Et ceux à qui ma façon de penser ne plait pas… eh bien, je les emmerde. C'est simple, non ?
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